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du comité Miss Ronde Bourgogne




Noémie Mingioni représente la Bourgogne. Photo C.C.
Noémie a depuis eu quelques surprises. « J’ai reçu des lettres de félicitations. Je ne m’y attendais pas. Il y a même un monsieur qui voulait absolument me rencontrer ! Il y a aussi des gens qui me reconnaissent, me contactent par Facebook. Beaucoup d’encouragements, quelques remarques pas très sympas : mais je ne garde que le bon et laisse le mauvais ! » Le tout dit en rigolant, avec une décontraction et une fraîcheur désarmantes. « C’est toujours relax avec moi, je ne me prends pas la tête ! »
Noémie, qui travaille au centre socio-culturel de Paray-le-Monial et réside à Saint-Vallier, a aussi accumulé les rendez-vous sur Dijon puisqu’une créatrice, Anne Houdot, de Gwendoline Ciseaux, l’a choisie pour lui confectionner une robe de mariée sur mesure afin qu’elle défile lors du salon du mariage dijonnais le premier week-end de février. Une activité parmi d’autres et les préparatifs à l’élection nationale qui laissent moins de temps à la jeune fille, qui a fêté ses 24 ans le 4 décembre, pour s’adonner à ses passions : la lecture et les soirées entre amis.
« C’est vrai que ça m’ennuie un peu. Mais d’un autre côté, je vis une expérience que je ne vivrais qu’une seule fois dans ma vie. Alors autant en profiter à fond ! » Même l’échéance de samedi, lors du salon de prêt-à-porter Who’s Next à la Porte de Versailles, ne la stresse pas. « Pas encore ! Pour l’instant, je n’y pense pas trop. La pression va monter à partir de mercredi, où on doit rejoindre l’organisation pour une semaine, pour des entretiens avec le jury, les répétitions des défilés, des shootings photos. Ce n’est pas comme lors de l’élection régionale où il n’y avait que nos familles. Là, il va y avoir du monde, il ne s’agira pas de tomber sur scène ! »
Une vingtaine de jeunes filles postulent pour le titre et l’une des trois places de dauphine. « J’espère être l’une des quatre. Mais je ne serai pas déçue dans le cas contraire. Je suis déjà très contente de ce que j’ai fait. » Ce qu’elle a fait, elle le doit pour beaucoup à sa petite sœur, Margot, qui l’a poussé à s’inscrire et qui, contrairement à l’élection d’Auxerre, pourra cette fois être présente. Car le principal changement, Noémie le voit dans les yeux de sa famille et de ses amis. « Ils me supportent, m’encouragent et je vois qu’ils sont fiers de moi. Mon image a changé. » Certainement le plus important.
Noémie est fière d’avoir décroché le titre de la plus belle femme ronde de Bourgogne 2012. Photo JSL
Arborant sans complexe ses 106 kg pour 1,70 m, Noémie a décroché le titre 2012, samedi, lors de la première soirée organisée pour la région à Auxerre dans l’Yonne. Un grand moment d’émotions pour cette jeune femme de 23 ans, animatrice et agent de réinsertion professionnelle à la ville de Paray-le-Monial.
Affichant un large sourire de satisfaction, Noémie aux beaux yeux verts et au visage poupon, est encore surprise de son élection. Fatiguée d’avoir fêté son titre la veille, elle revient sur cette soirée qui « a été très impressionnante, j’étais stressée, confie-t-elle. Surtout quand il a fallu défiler en dessous, ce passage a été dur pour moi. »
Comme dans tous les concours de Miss, plusieurs passages ont dû être réalisés par les cinq candidates, toutes issues de Saône-et-Loire. En tenue de ville, de soirée ou encore en guêpière, Noémie revendique ses formes et use de ses charmes « avec glamour et sans vulgarité. Une femme ronde peut être jolie, sexy sans être grossière ». L’incontournable prise de parole tétanise la jeune femme non habituée à s’exprimer devant une foule : « il ne faut pas bafouiller pour faire passer son message. Les femmes rondes sont jolies et sont bien dans leur corps ». De quoi décomplexer toutes celles qui ne correspondent pas « à la norme ».
Noémie n’était pas très encline au début pour participer à ce concours. Elle a finalement accepté sur les sollicitations de sa famille, de sa mère surtout Nathalie qui trouvait bien « qu’elle puisse s’affirmer. Elle est bien dans sa tête, dans sa peau. Je trouvais ce concours sympa, mais c’est elle qui a décidé ». Le fait que son amie Montcellienne, Sophie Tillier, participe l’a convaincue. Au final, Noémie retiendra de cette « belle expérience », l’aventure humaine avec les autres candidates mais aussi le côté « star » : « Je me suis prise au jeu. Il est agréable de se faire chouchouter, maquiller, coiffer… Je n’avais jamais réalisé de shooting » autant de photos qui lui rappelleront ce bel épisode. La prochaine étape aura lieu en décembre pour représenter la Bourgogne à Paris au concours de Miss Rondes France 2012. Sans oublier les diverses obligations de représentation officielle que lui confère son nouveau titre.
Noémie Mingioni, a été élue Miss ronde Bourgogne, voilà une dizaine de jours. Cette jeune femme, du bassin minier était en compétition (très amicale) avec quatre jeunes femmes de notre département pour ce titre. Noémie entend faire passer un message. Avec gentillesse, sans détour, elle a accepté de répondre à nos questions pour les lecteurs de "Vivre à Chalon ", elle revient sur cette expérience.
Samedi dernier, à Auxerre, vous avez été élue "miss ronde" pour la région Bourgogne. Quelles sont les motivations de votre participation ?
Ma première motivation a été le défi à relever, c'est quand même se prouver quelque chose à soi-même quand on défile devant un public sur une scène et qu'un des passages est en corset.
Ma seconde motivation, et non la moindre, a été de faire passer un message, et je pense qu'on l'a toute fait dans ce but, affirmer et montrer que l'on peut s'assumer malgré les formes, le poids... montrer qu'on peut plaire et qu'on est pas différentes des autres femmes. Loin de moi l'idée de prôner le surpoids ou même l'obésité, mais parfois quand on n'arrive pas à s'en sortir... eh bien il faut apprendre à vivre avec et "dompter ses formes"., ce n'est pas en se cachant qu'on se mettra en valeurs alors autant sortir des sentiers battus, sans pour autant tomber dans le vulgaire évidemment.
Et puis aussi l'aventure humaine, les belles rencontres que j'ai pu faire et que j'espère faire encore.
Les rondes " sont souvent moquées, parfois regardées avec curiosité, comment souhaitez vous combattre cfes clichés qui existent dans une société ou le "paraître" l'emporte sur "l'être " ?
Je ne pense pas que les rondes soient regardées avec curiosité, ou en tout cas moins. Les émissions de télé, les présentatrices...tout ça tend à donner une meilleure image des rondes, et je pense que tout ça est en train de faire évoluer les mentalités. Alors bien sûr il nous reste encore des choses à faire, parce qu'on ne trouve pas de taille au-dessus du 46 dans la plupart des magasins, et encore moins dans les grandes marques...et quand on veux des jolies vêtements à notre taille il faut souvent avoir les moyens. Je pense que le concours miss ronde est une bonne manière de combattre ses clichés puisqu'on y voit des femmes bien dans leur tête et leur corps et qui osent se montrer et même en sous-vêtements. Et puis on médiatise de plus en plus ce genre d'événement, on commence à laisser entrer les rondes dans le monde "people", je pense à certains mannequins notamment... et c'est ce genre
de choses qui je pense fait disparaitre les idées reçues. Et puis les rondes sortent de plus en plus du "placard", on croise pas mal de femmes dans les rues qui ont des formes, des kilos en trop et qui sont complètement épanouies, je pense que c'est ce genre de petites choses qui peut nous permettre de combattre les clichés.

Dans vos vies professionnelle et personnelle, avez vous été victime ou avez vous fait l'objet de remarques désobligeantes ?
Non, je n'ai jamais vraiment fais l'objet de remarques désobligeantes dans ma vie personnelle, mais pendant ma scolarité je n'étais pas ronde, donc peut-être que j'y ai échappé; dans ma vie professionnelle je n'ai jamais eu aucun problème de ce côté non plus, je dirais même que je suis soutenu dans ma démarche.
Je dois quand même noter que depuis le concours, j'ai vu, suite aux différents articles parus, des commentaires très déplaisants, mais on ne peut pas plaire à tout le monde, l'important c'est de se sentir bien dans son corps et sa tête.
Certaines personnes dénoncent ces élections, les présentant comme des foires, quels arguments retorquez vous à ces détracteurs ?
J'ai effectivement lu ce genre de commentaires. Je pense que si les concours miss rondes sont dénoncés comme étant des foires, il faut dans ce cas en faire autant pour les autres élections...
Si notre engagement à toutes lorsque nous nous sommes présenter à ce concours est décrit comme une foire, eh bien qu'ils pensent ce qu'ils veulent... je pense juste qu'il faudrait peut-être qu'ils réfléchissent sur le fait qu'au delà de se présenter, il y a une aventure humaine des rencontres, et aussi des défis personnels à relever! Je ne me suis pas inscrite pour m'afficher, et très sincèrement je ne pensais pas qu'il y aurait tant d'articles, je suis un peu peinée qu'on puisse avoir de telles idées mais en même temps je me dis que ces gens là ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, alors pourquoi leur prêter de l'attention?
Quels conseils apporteriez vous aux jeunes femmes mais aussi aux jeunes hommes et autres s'estimant souffrir dans leurs corps ?
Ça c'est une très bonne question! Je leur dirais que le poids est un chiffre et qu'on se donne l'allure qu'on veux au travers du style vestimentaire et de la mentalité...pour autant je ne dis pas qu'il faut rester trainer sur son canapé, le sport est essentiel, car même quand on a des kilos en trop il est très important de se sentir bien dans sa peau, et en forme.
Je dirais donc qu'il faut faire fi des commentaires douteux et peu agréables et qu'il faut s'assumer, parce que, quand on est bien dans sa tête et son corps , on oublie les défauts qui nous gènent, on vit avec et on s'embellit...
NDLR / Images ajoutée par la Rédactionww
Sandra Barracco, Julie Beguin-Jorry, Heidi Box, Sophie Tillier et Noémie Mingioni (à genou) sont les cinq concurrentes qui essaieront, ce soir, de décrocher le titre de Miss rondes Bourgogne. Photos : Christphoto, photographe officiel de l’élection Miss rondes France
« Si je me suis présentée à cette élection, c’est parce que je souhaite combattre le diktat de la mode qui affirme que pour être jolie, il faut être mince. Dans notre société, il y a beaucoup de stéréotypes. Au niveau vestimentaire par exemple, rien n’est à ma taille sauf dans les magasins qui s’adressent aux personnes âgées. Et je me vois mal m’habiller avec des vêtements de vieux », s’agace Julie Beguin-Jorry, 27 ans. « C’est vrai aussi pour les recrutements : on embauche des femmes qui répondent à certains critères physiques : une fille de 1,80 m pour 70 kg, aura toujours plus de chance de trouver un emploi qu’une fille ronde », lance Julie qui affirme avoir déjà été victime de discrimination à l’embauche. « Dans les fast-foods en province par exemple, on ne verra jamais une caissière de plus de 70 kg. Celle-là sera en cuisine, mais pas en contact avec la clientèle », dénonce la mère de famille.
Le regard sur les personnes qui ont de l’embonpoint semble pourtant changer. Mais trop lentement aux yeux des cinq candidates. Une émission comme « Belle toute nue » ne fait pas l’unanimité : « J’ai pris des conseils dans cette émission télé. Mais je ne pense pas qu’elle permette de faire évoluer les mentalités. En revanche, des présentatrices plus rondes commencent à faire leur apparition. Valérie Damidot (D & co) ou Laurence Boccolini (Le Maillon faible) s’assument complètement et personne ne s’arrête sur leur physique », analyse Sandra Barracco, la candidate autunoise de 25 ans.
Persuadées qu’il faut mener ce combat « pour l’égalité et contre la stigmatisation de l’humain », les cinq Saône-et-Loiriennes, qui ont toutes une vraie force de caractère, espèrent avoir la possibilité de militer pour la cause des femmes rondes jusqu’à Paris et être élues pour défendre les couleurs de la Bourgogne à l’élection nationale. Mais la compétition va être serrée. Ce soir, l’une d’elle deviendra Miss ronde Bourgogne. Trois autres seront dauphines et la dernière verra l’expérience prendre fin, faute, peut-être, de faire le poids face aux autres concurrentes.
